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Epargne salariale : une possibilité de déblocage exceptionnel inutile ?

information fournie par Moneyvox 11/01/2023 à 09:10

(Crédits photo: © Olivier Le Moal - stock.adobe.com)

(Crédits photo: © Olivier Le Moal - stock.adobe.com)

Afin de soutenir le pouvoir d'achat des Français, le gouvernement avait permis le déblocage d'une partie de son épargne salariale en 2022… mais le bilan de cette mesure est très mitigé !

Mariage, achat de sa résidence principale… en-dehors des cas de déblocage anticipé prévus par la loi, il est normalement nécessaire d'attendre 5 ans avant de pouvoir récupérer l'argent accumulé sur un Plan d'épargne entreprise. En 2022, le gouvernement avait toutefois assoupli la règle en permettant de débloquer exceptionnellement jusqu'à 10 000 euros. L'objectif ? Soutenir le pouvoir d'achat des Français. Une ambition qui, en réalité, n'a pas vraiment été atteinte…

Un déblocage exceptionnel très largement sous-exploité

Face à l'inflation grandissante en 2022, le gouvernement a été amené à prendre un certain nombre de mesures pour soutenir le pouvoir d'achat des Français. Parmi elles, une nouvelle possibilité de déblocage anticipé a été offerte pour les détenteurs de Plans d'épargne salariale, ou PEE. Proposée par la Commission des affaires sociales du Sénat, cette mesure a ensuite été adoptée en Commission mixte paritaire et ajoutée à la loi pouvoir d'achat.

D'un montant maximal de 10 000 euros, ce retrait anticipé sans fiscalité n'a pourtant pas fait des émules. C'est en tout cas ce qui ressort des différents chiffres communiqués au site d'information financière MoneyVox en fin d'année 2022 par plusieurs gestionnaires de contrats d'épargne salariale, notamment chez Amundi et Natixis, deux mastodontes qui cumulent 60 % des parts de marché de ce secteur.

"Au 19 décembre, 4,5 % seulement des épargnants éligibles au déblocage exceptionnel ont fait une demande", explique Natixis Interépargne. Chez Amundi, les chiffres arrêtés au 20 décembre sont encore moins bons : "2,5 % des salariés ont donc fait une demande de déblocage exceptionnel à date". Chez Epsens enfin, qui figure au sixième rang des gestionnaires de contrats d'épargne salariale, seulement "12 175 demandes à date" du 19 décembre ont été reçues, représentant moins de 5 % des salariés éligibles.

Lire aussi : Epargne salariale : que faut-il faire de son intéressement et de sa participation ?

Un flop qui aurait pu être anticipé

En réalité, la très faible utilisation de cette mesure adoptée par le Parlement n'est pas surprenante eu égard aux résultats précédemment obtenus. En effet, l'instauration d'une possibilité de déblocage exceptionnel en dehors des cas prévus par la loi n'est pas nouvelle, et a déjà été utilisée à plusieurs reprises. En 2004, 2005, 2008 et 2013, les résultats avaient été comparables, et le Copiesas, une instance de concertation ayant travaillé sur le sujet, avait déjà conclu en 2014 : "L'effet obtenu a d'ailleurs été limité en comparaison des objectifs poursuivis par les pouvoirs publics".

Lors de la crise de 2008, par exemple, le gouvernement de Nicolas Sarkozy espérait le déblocage de 8 milliards d'euros, mais seuls 3,5 milliards d'euros avaient été récupérés par les salariés éligibles. Pire encore, selon le Cercle de l'épargne,"80 % [de l'épargne débloquée en 2008, NDLR] avaient été replacés sur d'autres supports d'épargne", et n'avait alors permis qu'un simple arbitrage entre plusieurs supports d'épargne, au lieu d'être réinjecté dans l'économie via la consommation. En 2013, les résultats obtenus par François Hollande n'avaient pas été meilleurs, avec 2,2 milliards d'euros débloqués selon l'AFG, pour 10 milliards d'euros d'objectif.

À la lumière des résultats obtenus au cours des précédents essais, le flop de 2022 n'a donc rien d'étonnant. Malgré un rebond du nombre de demandes à l'automne, les chiffres définitifs à venir ne devraient pas permettre d'atteindre les objectifs escomptés. D'autant que cette fois-ci, les salariés qui avaient recours à cette possibilité de déblocage anticipé devaient conserver un justificatif d'achat d'un bien ou d'un service, afin d'éviter de simples déplacements d'argent entre des supports d'épargne différents.

5 commentaires
  • 15 janvier 15:39

    Mig737 tes dires n'ont aucun sens... si les actions se portent mal tu fais un arbitrage sur un support moins volatile. Tu vas pas retirer par une clause exceptionnelle (qui est le cas là) pour devoir ensuite justifier auprès de l'administration l'achat de bien ou service....Moi, j'ai tout passé en obligation et attendu que ça ce calme pour repasser en action y a peu...


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